Voici un extrait de notre guide « Voyager en famille – Oui, c’est possible! », disponible sur notre page de Bienvenue.

De nombreux parents se posent la question : « À quel âge les enfants font-ils les meilleurs voyageurs? »

Les parents les plus hardis vous diront qu’on peut voyager avec des enfants de tous âges…

Hum, quelle sera ma prochaine destination…?

Toutefois, avec l’expérience, j’ai conclu qu’il y a des âges plus faciles que d’autres. Selon moi, les meilleurs voyageurs sont les jeunes bébés entre six et douze mois, ainsi que les enfants d’âge scolaire.

Voyager avec un jeune bébé!? Aussi surprenant que cela puisse paraître, un poupon qui fait ses nuits et qui se développe bien est un excellent voyageur. Il convient toutefois de bien choisir la destination, surtout en ce qui concerne l’accès aux soins de santé, au cas où un traitement médical serait nécessaire.

Pour ceux qui désirent partir pour une longue période, je recommande d’attendre que le plus jeune des enfants ait atteint six ans, au minimum. À partir de cet âge, les enfants sont plus autonomes et n’ont plus besoin d’une supervision constante. La période entre six et douze ans est probablement idéale. C’est une période où les enfants ne contestent pas (constamment) la parole de papa et maman, ce qui risque de changer à l’adolescence… Il est d’ailleurs plus facile de donner un enseignement aux enfants de cet âge que lorsqu’ils sont plus vieux, puisque les matières scolaires deviennent plus complexes et diversifiées.

Tout ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas voyager avec des enfants plus jeunes ou des adolescents. Chaque tranche d’âge compte son lot d’avantages et d’inconvénients. Voici un tour d’horizon des avantages et inconvénients pour chaque âge, ainsi que des suggestions pour surmonter les différentes difficultés.

 

0 à 1 an

Compte tenu des risques liés à l’hygiène et à la santé à l’étranger ainsi que des difficultés possibles concernant l’alimentation et le sommeil du nouveau-né, de nombreux parents hésitent à se lancer à l’aventure avec un bébé. Pourtont, à partir de l’âge de trois mois environ, en autant que le bébé se développe bien, il peut être un bon compagnon de voyage. Avec un nourrisson, c’est vous qui dictez l’itinéraire et bébé n’a qu’à suivre dans une poussette, un sac à dos ou un porte-bébé. Un bébé âgé entre six et douze mois se trouve assurément dans la tranche d’âge idéale. S’il fait ses nuits et qu’il a un tempérament facile, c’est une période toute désignée pour l’emmener dans vos bagages.

Littéralement: Un bébé dans une valise.

Littéralement: Un bébé dans une valise.

J’écris « l’emmener dans vos bagages » en arborant un demi-sourire parce qu’en réalité, avec un bébé de cet âge, le voyage est pour vous et non pour lui. Avant la fin de sa première année, le bébé se déplace peu. Il est donc facile à porter et dort sur papa ou maman durant les visites. On change sa couche un peu partout et on peut même sortir le soir avec un bébé de cet âge. Dans les chambres, il reste sur le lit (sous supervision), s’amuse avec quelques babioles et peut dormir avec ses parents. De nombreux pays occidentaux offrent un congé parental qui permet à la plupart des travailleurs de partir pendant une longue période tout en ayant un salaire et un poste garantis. Que peut-on demander de plus? La décision la plus importante à prendre lorsqu’on veut partir avec un bébé de cette tranche d’âge concerne le choix de la destination. On doit tenir compte des normes d’hygiène pour bébé pour ce qui est de l’accès à l’eau potable, de la nourriture fraiche et de la salubrité, entre autres. L’accès à des soins de santé de qualité constitue aussi un critère important. Enfin, il importe de se renseigner sur la disponibilité des produits pour bébés comme les couches, le lait, les céréales et les purées. Par mesure de précaution, il est préférable d’apporter des biberons et du lait, du moins pour les premiers jours. Si vous décidez de prendre l’avion, la bonne nouvelle est que la place du petit ne vous coutera rien et qu’on vous offrira peut-être une couchette pour vous reposer les bras.

Si vous googlez

Si vous googlez « baby on plane », voici l’un des résultats.

Selon mon expérience, le personnel navigant est compréhensif et attentif aux besoins des familles. Les bébés tolèrent mal la pression que cause le changement d’altitude au décollage et surtout à l’atterrissage. Heureusement, ces périodes où vous et votre bébé êtes confinés à votre siège sont plutôt brèves. Si bébé est toujours en crise alors que la consigne lumineuse des ceintures de sécurité est éteinte, je vous recommande de le promener d’un bout à l’autre de l’avion. Vos voisins de siège vous en seront fort reconnaissants. Pour les sorties, il faut apporter des couches, des serviettes humides et des vêtements de rechange, car on ne sait jamais quand ces couches dites ultra-absorbantes feront défaut. À l’exception de l’Amérique du Nord, on trouve rarement des toilettes publiques munies d’une table à langer. Que l’on soit au restaurant, dans un autobus ou au musée, lorsque bébé est mouillé, il faut tout de même le changer. On cherche un coin isolé, on installe notre bébé de la façon la plus sécuritaire possible sur une surface plane et on procède au nettoyage de son arrière-train. Tout est dans l’attitude du parent et le respect des normes sociales; l’important, c’est d’avoir l’air décidé et d’ignorer les regards parfois appuyés des personnes qui trouvent ce comportement déplacé. En dehors des grands centres commerciaux, les femmes qui allaitent trouvent rarement des salles d’allaitement privées avec table à langer, chaise berçante, lavabo et ambiance feutrée (le gros luxe, quoi). Et quand bébé a soif, il nous le fait savoir! Avant d’allaiter en public, renseignez vous sur la tolérance des gens par rapport à cette pratique. Ceci dictera le degré d’isolement que vous voudrez prendre pour nourrir bébé. Une couverture légère placée sur vos épaules sera généralement suffisante.

1 à 2 ans

À partir du moment où bébé se met à ramper pour découvrir son environnement, c’est une tout autre histoire. Il s’agit peut-être de la période la plus difficile pour s’aventurer hors des sentiers battus. À cet âge, bébé commence à avoir besoin de temps à lui et on doit en tenir compte dans le choix et la durée des sorties. Il lui faut du temps pour jouer, s’amuser par terre, marcher, ramper et grimper sur les meubles. Comme il a besoin de sa sieste journalière et de calme pour s’endormir, il faudra soit prévoir de rentrer à l’hôtel, soit le transporter dans le porte-bébé dorsal ou ventral, ce qui permet de prolonger les visites. L’une des plus grandes difficultés vient du fait que bébé se salit constamment et que misère, il met dans sa bouche tout ce qui se trouve à sa portée. Lorsque bébé ne veut pas rester dans les bras, qu’il rampe sur le sol et qu’il met tout dans sa bouche, les craintes liées à l’hygiène, à la santé et à la sécurité sont tout à fait justifiées. Il faut lui laver les mains régulièrement, le surveiller constamment et lui enlever ce qu’il veut gouter sous la table au restaurant. Il faut faire preuve de vigilance constante, car bébé court partout et n’a aucune conscience des dangers potentiels. C’est exigeant à la maison et ce l’est encore plus quand l’environnement est rempli d’inconnus et change régulièrement. Du coup, vous n’avez plus un bébé qui se laisse transporter d’un lieu à un autre, mais un troisième voyageur qui demande aussi du temps à lui. Et ce compagnon de voyage porte des couches, peut lancer des cris dépassant les 130 décibels et exige une supervision constante. Il est préférable, avec un enfant de cette tranche d’âge, de choisir des destinations plus faciles et d’adapter le voyage en fonction de l’enfant. Par exemple, le voyage en camping-car peut s’avérer une très bonne option pour une famille avec de jeunes enfants.

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Notre plus jeune a adoré l’Australie, en bonne partie grâce au camping-car.

Peu importe le choix de voyage, il faudra adapter l’horaire en fonction des besoins de l’enfant en ce qui concerne les repas, les siestes ou les couchers du soir. Il n’y a pas que des inconvénients, c’est certain. Dans la plupart des pays, lorsque vous êtes accompagnés d’un jeune bambin, on vous reçoit à bras ouverts. Les gens semblent avoir une admiration sans bornes pour les parents qui voyagent avec de jeunes enfants et ils feront tout pour vous faciliter la tâche. Les petits enfants attirent les gens et permettent d’entrer facilement en contact avec eux. De plus, les billets d’avion ne coutent rien pour les enfants de moins de deux ans, ce qui est un avantage non négligeable.

2 à 5 ans

Il faut beaucoup de patience pour voyager avec de très jeunes enfants. Vous n’avez qu’à demander à une éducatrice si elle trouve facile de s’occuper d’une marmaille de cette tranche d’âge. À deux ans, c’est le terrible two, la première recherche d’indépendance et d’autonomie. Les enfants demandent beaucoup de temps et d’attention et peuvent se lancer dans des colères où il est impossible de les raisonner. C’est un prélude à ce que les parents vont connaitre lorsque leur petit deviendra adolescent. Je ne connais pas de parents qui ont envie de vivre ces moments difficiles dans un avion, au restaurant ou dans une chambre d’hôtel. Cela ne veut pas dire qu’il faut mettre en veilleuse tous les projets de voyage.

Bienvenue

Nos enfants n’avaient que 3, 5 et 7 ans lorsque nous avons visité l’Inde.

Tout dépend de la personnalité des enfants, de leurs intérêts, de leurs habitudes de vie et de vos réactions comme parents. Chose certaine, il est essentiel d’adapter le rythme du voyage à la vitesse du plus lent et de prévoir des sorties pour les enfants. Pour les amuser, on peut entrecouper le trajet d’arrêts dans des parcs ou dans des salles polyvalentes où ils pourront se défouler à souhait. Encore une fois, il est possible de voyager avec de jeunes enfants de 2 à 5 ans, mais pour faire un long voyage, ce n’est pas l’idéal. Les voyages en VR, les escapades à partir d’un logement fixe ou la location d’une maison à l’étranger sont des options plus intéressantes pour cette tranche d’âge.

 

6 à 11 ans

Ce n’est pas pour rien que les enfants commencent l’école aux alentours de l’âge de six ans dans la majorité des cultures. On juge que vers cet âge, les enfants sont assez autonomes pour quitter le nid familial et assez matures physiquement et intellectuellement pour aller passer quelques heures avec leurs semblables pour apprendre à vivre en société. « Autonome » et « mature », voilà des mots qui sonnent doux aux oreilles des parents! Petit à petit, les crises incontrôlables s’estompent et on réussit à raisonner les enfants. Ils sont à l’aise avec le langage et ils peuvent exprimer leurs émotions et leurs intérêts. Ils arrivent à s’éloigner sans crainte de perdre leurs protecteurs, et nous, les parents, on peut les laisser s’aventurer progressivement tous les jours un peu plus loin en sachant qu’ils vont revenir. À partir du moment où les enfants savent lire (et y prennent gout), ils peuvent s’occuper par eux-mêmes et ne demandent plus continuellement la présence des parents dans leurs jeux et leurs loisirs. Ce sont des êtres curieux qui vont vers les autres et qui cherchent à découvrir le monde qui les entoure. Enfin, à cet âge, le prix des billets d’entrée pour les enfants est réduit, quand les billets ne sont pas carrément gratuits. Ces arguments arrivent-ils à vous convaincre que cette tranche d’âge constitue une bonne période pour emmener les enfants avec vous?

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Tous les endroits sont bons pour l’enseignement, même sur une petite table dans un camping-car!

En contrepartie, ceux qui comptent effectuer un long voyage avec des enfants d’âge scolaire doivent penser à toute la dimension de l’enseignement. Ce n’est pas une mince tâche d’apprendre à un enfant de six ans à lire et à écrire, croyez-en notre expérience. En revanche, avec un peu d’aide des parents, les enfants qui ont déjà fréquenté l’école auront plus de facilité à apprendre par eux-mêmes. 

12 ans et plus

L’adolescence est aussi une bonne période pour les voyages, bien que ce ne soit pas sans inconvénients. C’est une période durant laquelle les jeunes ont besoin de plus de stabilité, sans compter qu’il arrive que la constante promiscuité exacerbe les conflits entre eux et leurs parents. C’est une période où il est important de faire participer les jeunes à la préparation de tous les projets qui pourraient avoir une incidence sur leurs habitudes de vie. Si jusqu’à maintenant les choix des destinations et des itinéraires relevaient principalement des parents, lorsqu’on veut voyager avec des adolescents, les décisions devront à l’occasion être prises par consensus et nécessiteront la participation de tous. Aussi, il convient de rechercher un équilibre entre les gouts de chacun, car les visites qui vous intéressent et vous enchantent, par exemple les temples, les ruines et les musées, ne feront peut-être pas le bonheur de vos adolescents. Hormis de possibles désagréments, si l’entente est bonne au sein de la famille, voyager avec ses adolescents comporte une foule de points positifs. Un voyage sera une occasion pour eux de s’ouvrir sur le monde, d’entrer en contact étroit avec de nouvelles cultures et de s’émanciper. Ce qu’ils vivront remettra parfois leurs valeurs en question, un processus qui est bénéfique en soi, et vous serez là avec eux pour les aider dans leurs réflexions et les amener à une meilleure compréhension du monde. À partir d’un certain âge, la question de leur liberté et de leur rayon d’action devra être considérée. Chaque parent doit trouver sa zone de confort; peut-on laisser un adolescent seul à l’hôtel quelques heures? Peut-on le laisser sortir dans le quartier? Une sortie le soir est-elle envisageable? Ce sont toutes des questions auxquelles les parents devront faire face. Ils devront également trouver avec leur adolescent des compromis sans mettre sa sécurité en danger. Une saine relation parents-jeune et une communication ouverte et régulière sont des atouts nécessaires, ce qui s’applique aussi bien dans la relation de tous les jours à la maison.

Pour en apprendre davantage sur le voyage en famille, je vous invite à vous procurer notre livre « Voyager en famille – Oui, c’est possible », disponible sur la page de Bienvenue.

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