Le guide Lonely Planet nous la présente comme une grande vieille dame… une ville effervescente d’activités… au chaos irrésistible, sans doute la plus élégante et la plus exotique des capitales du continent asiatique. Une chose est certaine: Hanoi ne peut laisser le visiteur indifférent. Au sein de notre couple, l’un a aimé, l’autre… un peu moins. Voici deux différentes visions diamétralement opposées de la capitale du Vietnam.

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Eric: Hanoi the annoying

Dès notre descente d’autobus nous sommes assaillis par les chauffeurs de taxi. On sait le tarif que l’on devrait payer pour se rendre à notre hôtel, mais étant donné qu’ils agissent comme un monopole, pas facile d’obtenir un prix décent. On essaye tant bien que mal de se rendre un peu plus loin pour trouver d’autres taxis, mais on est littéralement entourés de ces chauffeurs qui essaient de prendre nos valises. Ok, avec un peu de temps on aura réussi à sauver quelques dongs.

Notre hôtel est dans la vieille ville, plus que millénaire, et qui forcément n’avait pas été construite à l’époque pour accueillir des voitures et des milliers de motos.  La circulation est dense, chaotique, même en standards asiatiques! Une simple promenade dans le quartier historique devient une expédition en soi. Les trottoirs, encombrés de scooter, mobylettes, Vespa et motos de tous genres, sont souvent impraticables. Si on n’est pas bloqués par ces engins, ce sont les vendeurs itinérants qui nous barrent le chemin avec leur cargaison pour essayer de nous vendre des chapeaux coniques, des éventails, des beignes qui ressemblent à des Timbits… Ils insistent pour nous faire sentir qu’on a vraiment besoin de tous ces articles!

Quand vient le moment de traverser les rues avec les enfants il faut faire une profession de foi. Heureusement qu’on est en Asie depuis longtemps et qu’on a appris, parfois à nos dépens, qu’il est préférable de marcher lentement plutôt que de courir! Les motos, omniprésentes, nous frôlent constamment, de la gauche, de la droite, en avant, en arrière. Tout le monde klaxonne, roule trop vite, les plus gros tassent les plus petits. Et nous, dans tout ça, on essaie de conserver notre progéniture et nos 10 orteils intacts…

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Après cette première journée, je suis fin prêt à quitter la ville! Corinne me convainc qu’il y a d’autres choses à visiter, ok. Le deuxième jour, le bruit constant m’affecte déjà moins. Mais je n’avais pas compté sur la chaleur! Dès les premiers pas à l’extérieur, je sue à grosses gouttes, je suis tout trempé. On veut acheter de l’eau, de la crème glacée, mais il n’y a jamais aucun prix affiché et c’est une négociation féroce pour chaque item. On ne sait jamais si on a payé un prix décent pour quoi que ce soit au Vietnam! Pour les repas, les guides vantent les petites installations sur la rue, ce que les Français appellent les bouis-bouis. Je n’ai aucun doute qu’on y sert des plats savoureux, mais après les malaises gastriques expérimentés dans le nord, mon estomac me guide directement dans les restos pour touristes!

Non, Hanoi ce n’est définitivement pas ma tasse de thé. Parfois le chaos c’est irrésistible, parfois c’est insupportable! 🙂

Corinne:  Fascinante Hanoi!

Ceux qui nous ont déjà entendu, Eric et moi, raconter notre voyage en Inde avec les enfants se sont sûrement un jour demandé si nous étions ensemble lors de ce périple, notre appréciation du pays et de nos aventures étant parfois bien contradictoire… Et bien pour Hanoi, c’est un peu la même chose que pour New Delhi: un a aimé, l’autre pas. Pourtant, notre première impression de la ville est partagée: chaos, klaxons et pollution…oh my god, fuyons!
Mais après quelques heures à deambuler dans les rues, ce chaos s’apprivoise et Hanoi se dévoile à chaque détour. Quand on se met à arpenter le dédales de petites rues du vieux quartier, c’est plus que fascinant. Toute la vie quotidienne se déroule sur les trottoirs de la ville et on se retrouve témoins privilégiés de l’univers vietnamien. De vieilles dames aux rides profondes sont installées pour vendre fruits, herbes fraîches, légumes. De jeunes femmes se promènent à vélo avec un chargement monumental d’accessoires à cheveux, de masques pour la pollution et autres babioles utilitaires. Des étudiants en uniformes sirotent le thé en mangeant des graines de tournesols dont les écales recouvrent le sol autour d’eux. Dans de grands bassins de plastique, des femmes lavent la vaisselle de leur petit kiosque de « street food ». Les hommes prennent le café en jouant aux cartes. En après-midi, plusieurs s’installent sur leur moto ou vélo tuk-tuk pour faire la sieste (oui, oui, il est possible de dormir sur une moto dans ce chaos!). À chaque tournant, c’est un spectacle captivant. On peut passer des heures sur un coin de rue à regarder défiler ce tourbillon d’activités et c’est un continuel divertissement. J’adore!

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À Hanoi, j’ai aussi retrouvé la savoureuse cuisine vietnamienne à laquelle mon amie Sophie, d’origine franco-vietnamienne, m’a initiée il y a quelques années avec ses talents dignes de grands chefs. Pour être honnête, avant notre passage à Hanoi, nous n’avions pas été transportés par la cuisine vietnamienne alors qu’elle est supposée être une des meilleures au monde sinon en Asie. Au nord du Vietnam, les tofus aux tomates, les légumes sautés (avec beaucoup trop d’huile) et les morceaux de poulet aux coupes bizarres servis avec la peau n’étaient pas si mal, mais lorsque nous avons dégusté un vrai bon repas à Hanoi, wow, quel délice!! Les petits restos du vieux Hanoi nous offrent une cuisine maison rafraîchissante. Les saveurs et les arômes sont au rendez-vous: coriandre fraîche, menthe, citronelle, satays aux arachides, sauces de poisson pour tremper nos rouleaux de printemps qui débordent de bons légumes frais coupés très finement, salades faites de mélange de légumes et fruits exotiques. Un vrai délice!

Comme toute capitale, Hanoi subit les influences d’autres coins du monde et regorge de ces petites douceurs qui nous manquent quand on est sur la route: cappuccinos veloutés, chocolats raffinés, gelato aux vrais fruits, croissants, pâtisseries, bagels. Haaah…quel bonheur de retrouver ces petites gâteries de chez nous!

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Hanoi, c’est ce mélange de contrastes: traditionnel/moderne, sale/propre, riche/pauvre, vert/pollué. Eh oui!, malgré le chaos de la ville et son bruit assourdissant, notre passage à Hanoi demeure pour moi une aventure exotique qui m’a beaucoup plu!

18 commentaires on “Hanoi: une ville, deux visions différentes

    • Bonjour Alice,
      Merci de nous suivre et de commenter! Effectivement, il arrive que l’on vive la même expérience mais que pour l’un des deux ce ne soit pas aussi plaisant! Ceci étant dit, même les expériences plus « difficiles » en voyage sont quand même enrichissantes, et je recommenderais quand même Hanoi pour quiconque passe au Vietnam. Si ça ne leur dérange pas de risque de perdre des orteils… 😉

  • Superbe article qui reflète si bien la réalité, quoique tu as peut être un peu exagéré Eric. Nous étions à l’arrivée à Hanoï aussi et les racoleurs à la sortie du bus font partie du « jeu » si je peux dire. Et surtout n’oublie pas que si tu nous a senti un peu irrité par les vietnamiens parfois c’est parce que le français est râleur, alors on peste beaucoup certes, mais au fond de nous, on est pas si mécontents. Mais là où je te rejoins c’est la traversée des rues avec les enfants. Ma dernière journée en Asie qui se voulait un peu « magasinage » a été finalement passée à éviter les deux roues à chaque seconde, à recompter les enfants passés derrière ou devant moi. Les photos de Corinne illustrent parfaitement ce brouhaha… et ce fun de voir des situations plus burlesques et surprenantes. Je comprends Eric que d’avoir super chaud c’est pas rigolo en ville mais une fois les petits désagréments divers acceptés (bruits, circulation dangereuse, pollution…) il ne reste que le plaisir de découvrir les différences qui font de l’Asie un continent fascinant et coloré. De mon coté, je garde effectivement un souvenir agité d’Hanoï, mais découvrir la ville avec un peu plus de temps, dans un peu plus de calme, durant le week end, devait être très chouette. Vous avez beaucoup de chance de continuer le voyage… Au fait, si des shoppeuses addict lisent ce commentaire, je n’ai pas acheté grand chose donc, mais je reviens avec un petit bouddha en jade acheté dans le vieux temple, qui correspond tout a fait à ce que je veux et je ne regrette pas d’avoir « oublier » d’acheter des vêtements et objets qui finalement encombreraient mes placards en France. Après 3 mois et demi de voyage , j’ai rapporté : des petites sacoches en tissu, 2 petits foulards, 3 pendentifs et un couteau : ça me suffit ! Aussi, les fake Nike d’Olivier ont encore leurs semelles accrochées à l’heure qu’il est… à suivre.
    Bises à tous les 5, vous nous manquez !

    • Bonjour Cécile,
      Effectivement j’ai exagéré un peu, j’ai « beurré épais » comme on dit, mais c’était pour faire sourire et pour faire contraste avec le côté plus romantique de ma douce moitié… Hanoi est une ville que je recommenderais à ceux qui désirent voir le Vietnam, mais il y a beaucoup d’autres endroits plus jolis et plus faciles à découvrir. Hue et Han Oi, que l’on vient de faire, sont des villes plus charmantes et nous nous y plaisons vraiment. Du coup, on regrette de ne plus avoir assez de temps pour descendre jusqu’à Saigon! On reste à Hoi An jusqu’au 29 au soir, puis on prendra un AUTRE bus de nuit (là vous ne serez pas jaloux) afin de nous diriger vers Pleiku et la frontière cambodgienne. De là nous attend une longue et sinueuse route vers Phnom Phen. On continue à vous tenir au courant de nos pérégrinations…

  • Eric and Corinne,
    Google translate struggled a bit with this blog but I think I understand what you’re saying. If Quebecois culture is anything like the rest of the world, Corinne’s view is correct and Eric, it’s your fault your view isn’t the same as Corinne’s.
    As usual, your observations are interesting and your photographs superb.
    Chip

    • Hi Chip!
      I just read the English version and, indeed, Google Translate could get some help to translate some of the French/Quebecois expression that were used in the original version! But, you got the main point, I was wrong and my lady was right. There are particularities that are true in just about every cultures!
      I hope you had a good ANZAC day, a very special one this time, 100 years since the landing in Gallipoli. Which reminds me that we will be in Turkey pretty soon (landing in Istanbul/Byzance/Constantinople) on 17 May. Although Corinne and I have already visited the battlefield in 2001, we’re thinking it could be a good year to bring the kids to this very emotional place. Cheers, maaate.

    • Bonjour les 5 autour du monde!
      J’ai vu sur votre blogue que vous avez aimé Hanoi, que c’est même votre ville préférée en Asie du sud-est! Chacun peut vivre des expériences bien personnelles, et c’est ce qui fait la beauté du voyage. Pour notre part, on a beaucoup aimé Bangkok et Kuala Lumpur, des villes que d’autres voyageurs évitent et tentent de fuir à tout prix! Parfois on trouve des coins qui nous plaisent, des cafés sympas, des gens chaleureux. Parfois on passe à côté de ça.
      J’aime bien votre blogue, continuez à nous entretenir de vos réflexions, même après le retour qui je crois arrive bientôt pour vous!

  • Là on reconnaît bien vos deux personnalités 🙂 Je comprend tellement vos deux points de vue … J’ai vécu cette même dualité à Bangkok ! Xxx

  • Je considère ce temps à lire vos récits comme étant un « pur divertissement » dont j’ai grandement besoin en cette période hivernale qui n’en fini plus au Québec. Vous êtes un peu mon « réconfort ». Comme un bon bouillon de poulet pour l’âme 😉 On dit qu’il y a toujours un risque quand on entreprend quelque chose. Mais on dit aussi que le risque doit être pris parce que le plus grand danger de la vie est de justement ne rien risquer. C’est le choix et non la chance qui vous mène sur ces sentiers inconnus à chaque matin. De voir que vous puissiez marcher en parallèle, ensemble, tout en partageant des visions aussi différentes à pour moi quelque chose de très réconfortant. Je pense beaucoup à vos enfants qui apprendront, très naturellement, à se fixer des objectifs et surement à les atteindre car au delà de tout ce qu’ils auront appris durant cette formidable aventure familiale, ils auront « en plus » compris que nous ne sommes pas obligé de partager les mêmes opinions pour respecter nos semblables. Cette éducation universelle que vous leur enseignez présentement, c’est ce qui restera lorsqu’ils auront pratiquement oublié tout ce qu’ils auront appris à l’école 🙂

    • Merci de nous suivre aussi assidument Lynda! On apprécie toujours autant le voyage et la découverte, même si des fois c’est plus difficile à cause du trafic, de la chaleur, etc. Même les expériences plus difficiles deviennent un apprentissage et tous en ressortent grandis. Les enfants s’intéressent de plus en plus aux destinations, aux différences, ils font des liens avec ce qu’ils ont appris auparavant, émettent des réflexions sur le niveau de vie, le mode de vie, les difficultés journalières qui sont le lot des personnes vivant dans des pays en développement. Comme tu l’as si bien écrit, c’est une éducation universelle qui leur restera lorsqu’ils auront oublié les notions apprises sur les bancs d’école.

    • Bonjour Lynda, j’aime beaucoup ta réflexion à propos de tous les apprentissages que les enfants retiendront de cette aventure, et qui feront d’eux des personnes respectueuses et ouvertes aux autres! Je vois que tu cherches l’évasion toi aussi ces temps-ci!) Bienvenue les articles de Corinne et Éric! ☺

    • Allo Bob et Loulou,
      Merci d’être d’aussi fidèles lecteurs et de laisser des commentaires sur le blogue. Ça nous fait un beau souvenir à consulter et les enfants pourront le regarder plus tard aussi. A bientôt.

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